Le 9 juillet, l'Insee a dévoilé de nouveaux chiffres statistiques concernant la pauvreté en 2024.
Les principaux constats
Les résultats publiés par l'Insee montrent une situation contrastée. Le taux de pauvreté monétaire demeure stable à 15,4 %, soit 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. Ce taux reste ainsi à son niveau le plus élevé depuis le début de la série statistique, il y a 30 ans.
Dans le même temps, le niveau de vie progresse pour l'ensemble de la population. Cette évolution s'explique principalement par le ralentissement de l'inflation ainsi que par les revalorisations des salaires, des retraites et des prestations sociales intervenues en 2024.
La publication met en évidence une légère hausse de l'intensité de la pauvreté, qui traduit un éloignement un peu plus marqué des personnes les plus pauvres par rapport au seuil de pauvreté. L'Insee relève enfin une poursuite de la progression des inégalités de niveau de vie, portée notamment par la hausse des revenus les plus élevés.
Ces différents résultats montrent qu'une amélioration du niveau de vie ne conduit pas automatiquement à une diminution de la pauvreté monétaire. Ils nous invitent à lire conjointement le taux de pauvreté, l'intensité de la pauvreté et l'évolution des niveaux de vie afin d'appréhender les évolutions observées en 2024.
- 15,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit 9,8 millions de personnes ;
- Le taux de pauvreté demeure à son niveau le plus élevé depuis 30 ans ;
- 22,4 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté ;
- 34 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté ;
- L'intensité de la pauvreté augmente légèrement ;
- Les inégalités de niveau de vie poursuivent leur progression.
La stabilité du taux de pauvreté
Le maintien du taux de pauvreté à 15,4 % constitue le principal résultat de cette publication.
On note une stabilité, alors même que le niveau de vie progresse. Cette situation s'explique par le mode de calcul de la pauvreté monétaire. En France, le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian. Il évolue donc chaque année avec les revenus de l'ensemble de la population. Lorsque le niveau de vie médian augmente, le seuil de pauvreté augmente également.
En 2024, les revenus des ménages modestes progressent, mais le niveau de vie médian progresse lui aussi. Les revenus des personnes les plus modestes se sont donc améliorés, sans que cela entraîne une baisse du taux de pauvreté.
Une stabilité du taux de pauvreté ne signifie pas que les conditions de vie des personnes concernées sont restées identiques. Elle traduit le fonctionnement d'un indicateur relatif, construit à partir de l'évolution des revenus de l'ensemble de la population.
L'évolution des niveaux de vie
L'amélioration des niveaux de vie observée en 2024 intervient dans un contexte économique différent de celui des deux années précédentes. Après une période de forte inflation, la hausse des prix ralentit sensiblement. Les revalorisations...