Entre juillet et septembre 2026, l’Uniopss a mené une enquête qualitative auprès d’acteurs associatifs du grand âge répartis sur l’ensemble du territoire national et représentatifs de tous les types de structures : services à domicile, Ehpad, résidences autonomie, habitat inclusif, accueil de jour…
L’objectif : identifier des solutions susceptibles d’être développées, voire généralisées, autour de plusieurs enjeux du bien vieillir : qualité de vie, lien social, participation, accès aux soins, prévention, accompagnement, lutte contre l’isolement ou encore habitat. L’enquête s’est également intéressée aux freins rencontrés par les structures et aux soutiens dont elles ont pu bénéficier.
Les initiatives recensées s’articulent autour de cinq grands leviers : le lien social et l’ouverture, l’intergénérationnel et la cohabitation solidaire, la participation et l’expression des résidents, la prévention et le maintien de l’autonomie, ainsi que l’accompagnement global et la coordination.
L’intergénérationnel apparaît comme un axe particulièrement structurant : plus de deux tiers des structures interrogées ont intégré cette dimension dans leurs initiatives en faveur du bien vieillir. Accueil de jeunes en résidence autonomie, ateliers avec des écoles, cohabitation intergénérationnelle ou encore ouverture des établissements sur leur territoire : les expériences recensées montrent que les échanges entre générations peuvent contribuer à renforcer le lien social et à lutter contre l’isolement.
Si l’enquête montre la capacité d’innovation des acteurs associatifs, elle met également en évidence des difficultés récurrentes. Le manque de personnel constitue un frein transversal, les équipes étant déjà fortement mobilisées par les soins. À cela s’ajoutent la baisse des subventions, l’augmentation des charges et le manque de moyens pour développer et pérenniser les projets.
La mobilisation des personnes âgées, les difficultés de transport et le manque de visibilité des dispositifs constituent également des obstacles, notamment pour les personnes les plus isolées. Pour les projets d’habitat intergénérationnel, l’enquête relève par ailleurs un manque d’offres et une connaissance encore insuffisante du dispositif.
Comme le souligne Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, « l’ensemble des structures associatives interrogées cherchent à développer leurs activités, mais sont contraintes par les ressources dont elles disposent ». Il appelle à « prendre le contre-pied du discours ambiant qui voudrait opposer les générations » et à faire de l’intergénérationnalité « une réponse sociale et humaine probante au bien vieillir, et même, plus globalement, au bien vivre ensemble ».
Interrogés sur les priorités que devraient porter les pouvoirs publics lors du prochain quinquennat, les acteurs font ressortir une attente claire : un financement massif et pérenne du lien social, de l’animation et de la prévention dans tous les lieux de vie des personnes âgées.
À travers cette enquête, l’Uniopss met ainsi en lumière des solutions déjà expérimentées sur le terrain, mais aussi les conditions nécessaires à leur développement. Dans un contexte de transition démographique et à l’heure de la préparation de la Conférence nationale de l’autonomie, ces retours d’expérience constituent un éclairage sur les attentes et les besoins des acteurs associatifs du grand âge.